Foire Aux Questions (FAQ)
La vision nationale est l’image du Bénin telle que projetée par les Béninois eux-mêmes, sur un horizon d’au moins trente (30) ans conformément aux dispositions de l’article 7 « l'étude prospective nationale aboutit à la formulation d'une vision nationale de développement. La vision couvre une période d'au moins trente ans ». C’est le Bénin de nos rêves ; le Bénin désiré.
La vision nationale est ainsi le reflet des aspirations des populations, c’est-à-dire leurs desiderata, leurs projets d’avenir.
Construire une vision véritablement nationale, exige l’implication de toutes les couches de la société sans discrimination, et un consensus sur les choix d’avenir.
Reflet des aspirations des populations
Cette vision reflète assez bien les desiderata des béninois. En 2000, l’identification des aspirations réalisée dans le cadre des Etudes Nationales de Perspectives à Long Terme, a révélé que les populations aspiraient :
- À un Etat qui, au-delà de sa mission régalienne, doit être un acteur et un véritable facilitateur ;
Au bien-être social, individuel et collectif ;
- À la démocratie et à la bonne gouvernance ;
- À un cadre de vie sain et sécuritaire ;
- À la préservation et à la promotion de du riche patrimoine culturel national ;
- À l’appropriation de la technologie et à la meilleure capitalisation des savoirs et des savoir-faire endogènes
Scénario désiré, Bénin 2025 Alafia
De la multitude de scénarios envisageables dans le cadre des Etudes Nationales de Perspectives à Long terme, quatre (4) ont été construits, comme cheminements pour faire évoluer le Bénin de sa situation de l’an 2000 à la situation désirée en 2025. Il s’agit de :
- « Toninyon » est qui le scénario d’espoir ;
- « La tortue sur le dos » signifiant la détresse qui est un scénario pessimiste ;
- « Wahala » signifiant souffrance, misère, qui est le scénario catastrophique et ;
- « Alafia » ou le bonheur partagé.
Le scénario désiré parmi ces quatre est le scénario Alafia signifiant le bonheur partagé qui prône la paix et la prospérité en misant sur l’amélioration de la gouvernance. Alafia est donc le cheminent prévu pour faire évoluer le Bénin de sa situation de 2000 à son image projetée en 2025.
L’image du pays en 2025.
Telle que dessinée par les béninois, l’image du Bénin en 2025 est celle d’un pays phare, d’un pays bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social. Cette image repose sur 5 piliers à savoir : (i) la bonne gouvernance ; (ii) l’unité nationale et la paix ; (iii) une économie prospère et compétitive ; (iv) une culture convergente et rayonnante ; et (v) le bien-être social. Pour ne pas rester un vœu pieux, la Vision Bénin 2025 – Alafia était sous-tendue par des stratégies nationales de développement à long terme, destinées à l’opérationnaliser à travers les instruments de programmation appropriés.
Opérationnalisation de la Vision Bénin 2025 Alafia
Des stratégies nationales de développement à long terme ont été définies pour opérationnaliser la Vision Bénin Alafia à travers des plans nationaux de développement, suivant le découpage temporel suivant :
- 2000 à 2010 : période de renforcement des bases institutionnelles et économiques
- 2011-2020 : période de croissance économique au service du développement ;
- 2021-2025 : période de restauration des valeurs sociales et de reconquête de l’environnement externe.
En termes de bilan, les deux premières évaluations à mi-parcours de la Vision Bénin 2025 Alafia, réalisées en 2010 puis en 2017, ont conclu à des performances mitigées.
Les facteurs explicatifs de cette conclusion sont
- le non-respect des séquences établies pour l’opérationnalisation ;
- la faible application des outils de planification, l’écart courant observé entre les produits de la planification, de la programmation et de la budgétisation ;
- l’inexistence d’un cadre institutionnel légal, cohérent et durable pour la coordination de l’action publique ;
- la planification stratégique entravée par les discontinuités dans la mise en œuvre des politiques et stratégies sectorielles ;
- la cohérence conceptuelle des documents d’opérationnalisation de la vision : toutes les stratégies sectorielles se réfèrent à la vision ;
- la faible communication et promotion de la vision.
Il y a deux raisons principales qui motivent la construction d’une nouvelle vision. La première raison est la recherche d’une efficacité plus accrue des politiques publiques. Pour le Gouvernement, l’action publique, même de court terme, est d’autant plus efficace, qu’elle s’inscrit dans une perspective de moyen et de long terme. C’est ce qui explique l’utilisation combinée de la prospective, de la planification stratégique et de la programmation pour gérer au mieux le développement : la prospective pour le long terme ; la planification stratégique, pour le moyen terme, et la programmation, pour le court terme. A travers la construction de la nouvelle vision, c’est l’accent qui est mis sur la prospective c’est-à-dire, réfléchir sur le futur pour éclairer et donner du sens aux actions présentes. Et réfléchir sur le futur c’est prendre conscience, à la fois, des réalités actuelles et de celles qui se dessinent, permettant ainsi d’appréhender les facteurs de réussite et d’échec des politiques, stratégies, plans et programmes et projets. Autrement dit, créer les conditions pour apprécier l’efficacité des politiques publiques. Par son arrimage à la vision Bénin 2025 Alafia, le Plan National de Développement (PND) 2018-2025 s’inscrit dans cette approche en plus de ce qu’il sert de cadre de cohérence stratégique et opérationnelle aux deux éditions de Plan d’Action Gouvernementale (PAG-1 et PAG-2).
Notons que c’est la mise en œuvre depuis 2016, de ces cadres d’intervention qui permet au pays de connaître des avancées significatives en termes de création de la richesse et l’amélioration des conditions de vie des populations.
La deuxième raison est le renforcement des capacités nationales d’anticipation pour mieux répondre aux profondes mutations qui s’opèrent dans le monde. Au nombre de celles-ci, il peut être cité : - l’accélération de la mondialisation dont les conséquences les plus importantes sont :
l’interdépendance politique, économique, environnementale et sociétale des nations, la fluidité extrême des flux de capitaux, le transfert de technologie, l’aggravation des inégalités, intra et inter Etat ;
- les changements de paradigme de développement . Le développement, en plus d’être économique et social, doit être durable pour préserver les chances de survie des générations futures. C’est dans ce registre que s’inscrivent les Objectifs de Développement Durable (ODD) à atteindre d’ici 2030 ;
- la révolution numérique avec l’avènement d’internet haut débit, des smartphones, des médias sociaux, de l’intelligence artificielle. Des avancées technologiques qui ont révolutionné la communication et permis une connectivité mondiale sans précédent et une modernisation de nos outils de travail quotidien ;
- la montée en puissance du terrorisme dont la principale manifestation fut les attentats du 11 septembre 2001. Depuis lors plus aucune région du monde, n’est à l’abri de ce fléau. Le djihadisme a envahi le sahel avec des percées dans le nord des pays côtiers comme le Bénin.
- les avancées sociétales notamment la promotion de l’égalité des sexes et la protection des droits des enfants
- les crises sanitaires dont la plus retentissante fut la pandémie de la COVID-19 avec ses répercussions inédites sur la société et l’économie mondiales ;
Sous l’effet de ces mutations, le monde bouge profondément et à grande allure. Dans ce contexte, quatre (4) attitudes s’offrent aux Etats pour formuler et mettre en œuvre des politiques publiques appropriées :
- la passivité : être indifférents et subir les événements ;
- la réactivité : être en permanence dans les urgences, or « quand il est urgent, c’est déjà trop tard » ;
- la préactivité : « se préparer à des changements anticipés » ; et
- la proactivité : « agir pour provoquer un changement souhaité » .
En s’engageant dans la construction d’une nouvelle vision, le Gouvernement a choisi la prospective dans le double sens de la préactivité et de la proactivité. Il s’agit du choix de la réflexion avec comme finalité l’anticipation pour éclairer l’action publique du court terme comme du moyen terme.
Il y a deux justifications du choix de l’horizon 2060.
La première raison est symbolique parce que 2060 est égal à « 1960 + 100 »; et que 1960 est l’année d’accession à l’indépendance du Bénin. Ce qui est donc recherché en retenant 2060, c’est la projection de l’image du pays 100 ans après cet événement historique.
La deuxième raison est technique, car il est de pratique courante, que l’horizon d’une vision nationale soit fixé, à au moins une génération. L’horizon 2060 pour la nouvelle vision correspond à une projection de l’image du pays sur 35 ans, à partir de 2025,
fin de la vision Bénin 2025 Alafia. Ce temps long offre de large marge de manœuvre aux différents acteurs du développement en termes de choix stratégiques pour mieux agir les facteurs d’inertie qui bloquent l’avancée du pays.
En décidant d’engager le processus de construction de la vision 2060, le Gouvernement, vise les objectifs ci-après :
Objectifs assignés au processus de construction de la Vision 2060
- Évaluer les stratégies nationales de développement à Long terme sous-jacente à la Vision Bénin 2025 – Alafia, afin d’en tirer des enseignements
- Enclencher un processus participatif et un débat ouvert avec toutes les forces vives de la nation en vue d’un consensus sur le futur désiré par la société
- Explorer les futurs possibles du Bénin dans un horizon de 35 ans (2026 à 2060), de s’en approprier un, et d’œuvrer pour son avènement à travers des stratégies appropriées
- Construire l’image souhaitée du Bénin en 2060
- Mettre à la disposition de tous les acteurs du développement, un cadre de référence leur permettant d’élaborer des stratégies à court, moyen et long terme
Phases du processus.
La construction de la Vision Bénin 2060 est conçue comme un processus à la fois participatif et inclusif organisée en trois (3) phases : (i) la phase préparatoire ; (ii) la phase opérationnelle ; et (iii) la phase d’approbation et d’adoption.
La phase préparatoire regroupe les activités suivantes :
- Elaboration et validation technique (administration, partenaires sociaux, la société civile etc.) de la note conceptuelle et de la feuille de route de conduite du processus ;
- Approbation du processus par le Conseil des Ministres en sa séance du 20 juillet 2022 ;
- Adoption et mise en place du cadre institutionnel de pilotage du processus ;
- Réalisation des travaux d’évaluation de la Vision Bénin 2025 Alafia ;
- Lancement officiel du processus de formulation de la Vision 2060.
La phase opérationnelle s’articule autour des étapes ci-après :
- Délimitation du champ de l’étude en choisissant les domaines et/ou thématiques devant faire l’objet d’étude.
- Identification des aspirations (desiderata et projets d’avenir) des populations béninoises
- Diagnostic stratégique du Bénin sous tous les aspects : économique, sociétal, politique, environnemental, culturel, technologique, infrastructurel, sanitaires et éducationnel,
- Construction des scénarios et de la vision
- Élaborer le cadre stratégique de développement à long terme du Bénin.
Phase d’approbation et d’adoption regroupe les activités suivantes
- Introduction en Conseil des Ministres des documents de la Vision pour approbation ;
- Approbation par le Conseil des Ministres ;
- Adoption par l’Assemblée Nationale par une loi de la Vision Bénin 2060
- Popularisation de la Vision Bénin 2060.
Des arrangements institutionnels ont été mis en place pour : (i) encadrer le processus de construction de la Vision 2060 ; et (ii) pérenniser les acquis du Bénin en matière de gestion du développement.
Cadre institutionnel du processus de construction de la Vision Bénin 2060
Conformément aux dispositions du décret N° 2022-446 du 20 juillet 2022, le cadre institutionnel de mise du processus de formulation de la Vision Bénin 2060 est composé ainsi qu’il suit :
- le comité national d’orientation et de supervision de réflexion prospective (CNOSRP) qui est l’organe de supervision;
- le Comité Technique de Pilotage de réflexion prospective, organe de conduite technique (CTPRP) ;
- le Secrétariat technique de réflexion prospective qui est l’organe opérationnel du CTPRP et
- les Groupes Thématiques de réflexion prospective
Légifération de la gestion du développement
Pour consolider le cadre national de planification du développement et de redevabilité, le Gouvernement s’est engagé à doter le Bénin d’un cadre législatif favorable à la pérennisation des acquis en matière de développement économique et social ;
C’est dans ce cadre qu’après la revue du système national de planification, il a été engagé l’élaboration d’une loi-cadre sur la planification du développement et l’évaluation des politiques publiques ;
La loi-cadre s’inscrit dans cette optique en mettant en exergue deux fonctions clés de la bonne gouvernance à savoir : la planification de développement et l’évaluation des politiques publiques.
- En matière de planification du développement, elle permettra, entre autres, d’assurer la pérennisation des acquis et éviter le rétropédalage dans la conduite stratégique des interventions de développement ; de garantir le respect des orientations de développement à long-terme définies dans la Vision Bénin 2060 ; de mettre en place des instruments de planification qui serviront de référence à tout citoyen impliqué dans le processus décisionnel et de standardiser les méthodes et outils de planification ;
- En matière d’évaluation des politiques publiques, elle permettra de renforcer la culture évaluative ; de fournir aux décideurs politiques et aux gestionnaires, des données probantes pour éclairer la décision ; de donner les moyens à l’évaluation de s’imposer comme outil de pilotage de l’action publique et de veiller à l’utilisation de ses résultats et encadrer la pratique de l’évaluation des politiques publiques au Bénin.